LE TOUR DU MONDE EN TRACTEUR

Je suis parti, en février 2001, du Salon de l'agriculture de Paris, pour un long voyage: Le Tout du Monde en tracteur agricole.
Au programme, 35000 km, 17 pays au volant d'un tracteur Valtra de 80CV, 4 roues motrices, équipé d'une suspension avant pneumatique. A l'arrière est attelée une "caisse" qui me servira de couchette, cuisine, atelier.

Mon but: labourer un champ dans chacun des pays traversés et ainsi tracer un sillon symbolique autour de la terre, signe de solidarité entre tous les paysans.
Une balise installée sur le tracteur permattra de suivre ma progression jours après jours grâce à Internet.

Le 22 février, à 16 heures, c'est le grand jour. Je démarre le tracteur, les portes du SIMA s'ouvrent, plusieurs centaines de personnes sont venus m'encourager. Bernard HINAULT, le célèbre cycliste me donne le départ. C'est seulement deux jours après mon départ que débute la terrible épidémie de fièvre aphteuse. Je dois dès lors modifier mon parcours. L'étape anglaise est annulée, je me dirige donc vers la Belgique, puis le Luxembourg, l'Allemagne. Je devais passer par la Hollande, la fièvre aphteuse me précède à nouveau. Arrivé au Danemark, par sécurité, je dois faire désinfecter mon tracteur. Début avril, je découvre la Norvège, ses forêts, ses lacs encore gelés, mais aussi ma première tempête de neige. En Suède, je rencontre Mme Margarita WIMBERG, Ministre de l'agriculture suédoise. Depuis la Belgique, j'utilise l'anglais pour dialoguer avec les gens que je rencontre, par contre, je dois changer de monnaie à chaque frontière, " Vive l'Euro ! "

Le 2 mai, je suis en Finlande. Arrivé au cercle polaire, je fais la connaissance du Père Noël, puis cap au sud et passage obligé à l'usine VALTRA (où mon tracteur a été fabriqué) pour une révision. Mon épouse et mes trois enfants passent 3 jours avec moi à Helsinki. Les autorités russes m'ont accordé un visa exceptionnel de 3 mois. Je passe la frontière à Vyborg, les douaniers russes ne m'accordent, eux, que deux mois pour transiter jusqu'à Vladivostok, soit 12 000 km.

Plusieurs jours sont nécessaires pour arriver dans la banlieue de Moscou. Je vais attendre près de 3 semaines, dans un parking (fortement gardé), le feu vert pour entrer sur la " Place Rouge ".
Le 25 mai, escorté par la police, je pénètre enfin au cœur de Moscou, au volant de mon tracteur. Un moment inoubliable ! ! ! Le public et la presse internationale sont au rendez-vous. Quelques jours plus tard, c'est le vice-ministre de l'agriculture russe qui me reçoit, en compagnie de M Jean-Jacques HERVE de l'Ambassade de France, et me remet un diplôme d'honneur, pour mon courage et les bonnes relations entre la France et la Russie.

Mais les jours passent et il me reste 1 mois pour rallier Vladivostok, trop court ! J'aurais, de toute façon, été obligé de prendre le Transsibérien à Tchita, car ensuite il n'y a pas de routes sur environ 1200 km.
J'embarque donc mon tracteur à Vladimir (500 km à l'est de Moscou), non sans avoir au passage labouré un champ. Une grande joie pour moi et tous les paysans russes venus assister à ce moment symbolique. Pendant que mon tracteur file vers l'est, l'Ambassade de France m'a organisé un très intéressant programme de rencontres agricoles dans différentes régions russes, Oural à Tcheliabinsk et Sibérie à Irkoutsk.

Début juillet, je retrouve mon fidèle compagnon, intact, à la gare de Vladivostok. Le transitaire, chargé du transport en bateau vers le Japon, m'annonce que le prochain navire en partance pour Yokohama est prévu fin juillet. Un mois d'attente (encore) ça fait long, surtout qu'il est impossible de rouler au Japon, aucune compagnie ne veut assurer le tracteur. Après un très bon accueil en Russie, je retourne quelques semaines en France, pour le plus grand bonheur de ma famille.

Fin août, le tracteur arrive au port de Los Angeles, des difficultés sont encore au rendez-vous :
Toujours pas de possibilité d'assurances,
Le 10 septembre, le département de l'agriculture de Californie refuse de laisser entrer le tracteur sur leur territoire, il soupçonne le véhicule d'être porteur des germes de la fièvre aphteuse (encore elle) c'est du délire !
Le 11 septembre, nous assistons, en direct sur CNN, aux attentats des "Tween Tower" à New York, dès lors il n'est plus possible de négocier avec qui que ce soit.
Le tracteur, considéré comme pestiféré, sera refoulé vers le Japon car malgré mon insistance, les californiens refuseront de le désinfecter sur place.

LE TOUR DU MONDE EN TRACTEUR PREND FIN !

C'est le 18 octobre qu'il est revenu au port de Yokohama, d'où il devait repartir en direction de Vancouver. L'arrivée au Canada était prévue le 20 novembre. C'est avec deux mois de retard que j'allais emprunter la Transcanadienne, en effet, j'allais devoir affronter l'hiver canadien où parfois le climat est très rude, importantes chutes de neige et températures très basses : -20°, -30°, pas question de dormir à l'arrière de mon tracteur, dans ma couchette sans chauffage. C'est pourquoi, j'avais lancé un appel aux agriculteurs canadiens qui se proposaient de m'héberger tout au long de mon parcours. L'important dispositif que j'avais mis en place pour mon passage au Canada n'a pas suffit à convaincre mes partenaires de continuer.
Le tracteur sera finalement rapatrié vers le port du Havre où il est arrivé le 15 décembre 2001.
Cet épisode Californien me faisait également rater le salon Agritechnica à Hanovre (Allemagne) où j'aurais dû être présent du 10 au 17 novembre, un objectif commercial très important pour mon sponsor, responsable de la logistique.

Malheureusement c'est contraint et forcé, mais surtout très déçu, que je dois mettre fin à mon Tour du Monde. C'est d'autant plus regrettable, que la France a été déclarée indemne de la fièvre aphteuse le 5 novembre 2001.

Je garderais en mémoire l'accueil et la solidarité que j'ai rencontré tout au long de mon voyage, mais aussi ce tracteur, très confortable avec lequel j'ai parcouru tout de même près de 10 000 km. Je suis très heureux d'avoir fait rêver, à travers ce périple, des dizaines de milliers de personnes dans le monde entier, par le biais d'Internet, parmi lesquelles beaucoup d'enfants, je peux dire que cela a été pour moi un vrai moteur qui m'a donné la force d'avancer dans les moments difficiles.

 

Quelques moments forts

 

Mes projets

Ecrire un livre qui relatera mes multiples expéditions en Afrique (en auto, moto, camion, tracteur et moissonneuse batteuse), mais aussi les coulisses de ce Tour du Monde inachevé, bref un bouquin farci d'anecdotes et puis peut-être une nouvelle tentative dans quelques années : Paris Pékin Montréal Paris en tracteur ? Pourquoi pas… !!!

Merci à mon épouse Claudine et à mes 3 enfants, Laurette, Clara et Rémi, qui me soutenaient et me réconfortaient jours après jours. Merci également à tous les partenaires qui ont cru en moi et m'ont fait confiance, ainsi qu'à tous les gens qui m'ont soutenu et encouragé tout au long de mon voyage.

Christian Hurault

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